Divagations du tenancier du vieux bazar du désert.

Grand soleil matinal par -6°c.

Le désert. Tout autour a disparu...La ville, les gens, le bruit et les lumières. Le soleil est éblouissant mais froid et ne se cache plus jamais. Il mord maintenant à la manière dont mord le gel.

Ne reste que ma baraque, vide. Même si les marchandises ne manquent pas. Surtout ces foutus tapis à chiottes, les éponges-à-pisse, qui ont quand même eu leurs heures de gloire. Nan, la baraque est pleine, mais vide de sens. À l’extérieur y’a plus rien, ni personne, et toutes les marchandises, et tous les tapis a chiotte du monde ne sauraient redonner un sens à la présence de ma tôle sous ce soleil glacé...

La matinée avait commencée par un traditionnel passage aux latrines pour déposer ma petite offrande aux dieux du commerce. C’est peu après que j’m’suis aperçu comme la lumière des néons était cradasse non plus blanche mais jaunâtre…F’sait p’t’être un moment…Sais plus.